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De l'art de dénicher "votre" caviste

Dans un précédent article, je vous expliquais d'oublier la grande distribution pour vous vous rendre chez votre caviste. Bref aujourd'hui, on va rendre hommage à l'une des plus belles professions au monde. Et comme je sais qu'en France, qui dit caviste dit Nicolas…

Le cas Nicolas

Bon n'y allons pas par quatre chemins, la célèbre enseigne de cavistes Nicolas a une image assez (pour ne pas dire très) négative auprès des amateurs de vins. Des articles négatifs sur l'enseigne, je pourrais vous en trouver une pelletée. En 2012 le magazine capital sortait un papier intitulé « comment le petit Nicolas est devenu un géant du vin », morceaux choisis :

  • « Chez Nicolas, on ne badine pas avec les consignes [...] une organisation ultra-centralisée, quasi militaire, calquée sur celle de la grande distribution. Et tant pis si cette mécanique bien rodée lui vaut le dédain de bon nombre d’œnophiles et autres amoureux du terroir, qui fustigent ces «supermarchés déguisés en petits marchands de vin».
  • Disons-le tout de suite, le petit producteur qui bichonne chacun de ses pieds de vigne n’a pas droit de cité. Nicolas ne travaille qu’avec des fournisseurs capables de livrer de 30 000 à 40 000 bouteilles, ou 3 000 à 5 000 bouteilles sur des animations ponctuelles. Au-dessous, aucune chance de franchir les portes du laboratoire, l’étape obligatoire avant toute mise en rayon.
  • Mais pour entrer chez Nicolas, il ne suffit pas d’être bien noté en goût. La maison est très attentive à la typicité du vin, c’est-à-dire au fait qu’il respecte son appellation. «Un bourgogne qui ressemble à du chinon, même s’il est excellent, ne sera pas retenu», explique le DG, Eudes Morgan. La mode des vins biodynamiques et sans soufre attendra : Nicolas privilégie les valeurs sûres.

En 2014 Antonin Iommi-Amunategui, célèbre blogueur vin sortait pour Rue89, une tribune au vitriol intitulée Vin : cinq bonnes raisons de ne (plus) jamais aller chez « Nicolas » .

Et même Emmanuel Delmas sommelier de renom y allait de son tacle bien appuyé (on parlera plutôt de plaquage).

Bref inutile de vous faire un dessin, l'enseigne a très mauvaise presse. Et sans être aussi tranché que mes confrères. Je vous dirais que :

Nicolas, c'est pour dépanner. Sinon, il vous faut vous trouver un caviste, un vrai.

De l'art de dénicher un bon caviste.

Le feeling et le conseil

Alors non, rassurez-vous nous sommes bien sur un site qui parle de vins et non pas sur un blog de coach en séduction, mais pour dénicher « votre » caviste, le feeling est pour moi crucial.

Je me souviens quand j'ai commencé à m'intéresser au vin, je suis rentré chez un premier caviste : accueil assez froid, mec d'une bonne cinquantaine d'années, questions assez directives et peu d'explications. Il fallait croire qu'un minot comme moi ne devait pas avoir un « ticket moyen » assez élevé.

Et puis je suis rentré chez celui qui est devenu mon caviste pour les années suivantes : accueil chaleureux, écoute pour cerner mon profil, pédagogie pour me présenter et m'expliquer les produits en fonction de mes préférences.

Ça fait un peu leçon du bon vendeur ce que je viens de vous énumérer. Mais si un caviste est infoutu d'essayer de vous comprendre, ne persistez pas. Si vous êtes prêt à payer votre vin plus cher qu'en supermarché, c'est pour la qualité du conseil et l'aiguillage qu'il/elle vous fournira.

La taille du magasin

Je vais aller contre le consensus global, mais malheureusement la taille ça compte. Plus sérieusement, je pense qu'il y a deux types de cavistes : celui qui évolue dans un magasin de moins de 30 m² et celui qui évolue dans plus de 30m².

  • Avantage du petit caviste : il est souvent seul, ce qui signifie donc qu'il est l'unique maître à bord et donc qu'il connaît ses produits sur le bout des doigts.
  • Inconvénient : si vous possédez un niveau bien avancé, vous aurez peut-être du mal à trouver certains produits exotiques. Par exemple, je me souviens avoir remué ciel et terre pour trouver un chenin argentin à Paris. C'était quasiment chose impossible.
  • Avantage du « gros » caviste : Les références multiples, et la possibilité de s'éclater sur des vins venus des quatre coins du monde.
  • Inconvénient : Qui dit grand magasin dit employés et forcément, et sans dénigrer le travail de ces personnes, leurs savoirs seront un peu moins complets que ceux du caviste qui s'est occupé de la sélection.

Sa philosophie et ses goûts

Un caviste a forcément un avis sur le vin et des goûts. C'est obligé, c'est son métier. Parfois il les affichera, parfois moins. Je pense qu'il est important de les connaître pour savoir si ceux-ci « match » (non non, toujours pas un article sur Tinder rassurez-vous) en partie avec les vôtres.

En partie, parce que l'intérêt d'aller chez un caviste, c'est aussi d'être curieux à l'idée de découvrir de nouvelles expériences. Mais pour vous donner un exemple concret, je ne suis pas un ayatollah des vins naturels. Donc si un caviste est spécialisé nature, j'avoue que je serais moins amené à m'y rendre.

En conclusion :

Pour trouver « votre » caviste c'est du feeling, du conseil, un cadre, une philosophie et surtout un achat plaisir. Un caviste, c'est comme un coiffeur/barbier, il faut se sentir bien chez lui !

Pro tips :

La Revue du Vin de France répertorie chaque année dans son guide vert des meilleurs vins de France une sélection de cavistes coup de cœur par département. Cela peut toujours vous faire une base solide pour débusquer le votre.


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